Dégustation

Rully, la race des climats
Bourgogne magazine

Aux frontières de la Côte de Beaune, à Rully précisement, la Côte Chalonnaise joue sur un registre où le blanc profite naturellement des sols calcaires, quitte à se confondre avec son voisin le meursault, mais où le rouge sait aussi se faire minéral. A ce jeu-là, Vincent Dureuil-Janthial excelle.

Le vignoble de Rully, d'une superficie de 335 hectares, s'etend sur environ quatre kilomètres, depuis Chagny où il compte quelques climats jsuqu'à la limite sud de la commune de Rully, où il jouxte le vignoble de Mercurey. On est en présence ici d'un remarquable terroir calcaire, avec suffisamment de marnes et d'argiles pour que le cépage chardonnay ait trouvé ici terroir d'élection. Les vins blancs qui en naissent, nettement majoritaires, rivalisent ainsi sans complexes avec ceux de la Côte de Beaune toute proche. Les vins rouges, minoritaires donc, sont tendres et fruités, avec une belle vivacité qui souligne leur exquise minéralité.

Une partie de la montagne de la Folie, située entre Bouzeron et Rully, offre un bel abri au vignoble qui bénéficie ainsi d'un microclimat très favorable à l'éclosion de vins amples et oncuteux, de très belle consistance et de noble texture, des vins très différents de ceux du sud de la Côte Chalonnaise plus tendus. On peut faire un parallèle avec les vignobles de la Côte de Beaune où les vins de Meursault se distinguent très nettement de ceux de la Côte de Beaune où les vins de Meursault se distingent très nettement de ceux de Puligny ! Ainsi, même le plus grand des amateurs peut confondre un Rully avec un Meursault. Cependant, en affinant sa défustation géo-sensorielle, l'amateur reconnaît la race des grands climats de Rully avec éventail de parfums qui va de la noisette à la violette avec une touche délicate d'épices... et cette bouche onctueuse et droite, généreuse et saline dans le même mouvement.

Le secret de la grande qualité des vins blancs de Rully, associée à leur fière identité, réside dans la conjonction d'une belle assise marno-calcaire et d'une altitude légèrement plus élevée qu'en Côte de Beaune, allant de 230 à 300 mètres. Par le jeu des failles, le jurassique moyen alterne ici avec le jurassique supérieur, dont les couches descendent doucement vers la plaine de la Saône. On trouve ces sols calcaires oolithiques associés à de belle marnes et argiles, matrice exceptionnelle assurant la naissance de vins d'une rare complexité. 

Les versants les mieux exposés, aux pentes accentuées, altitude oblige, acceuillent les premiers crus. Si les raisins y mûrissent assez tardivement, ils bénéficient d'excellentes conditions climatiques qui les amènent à maturité physiologique optimale. Une viticulture "haute couture" permet de vendanger à bonne maturité et non par commodité ! Certains climats ont acquis de longue date une très grande réputation. Au dessus du village, se déploient langoureusement les climats Rabourcé, Cloux et Raclot, qui enfantent des vins souples et amples, de grande consistance et d'exquise texture. Au sud de l'appellation, La Pucelle, Mont Palais, Vauvery et Gresigny, produisent des vins blancs qui se sigularisent par une minéralité plus affirmée. Le célèbre Clos Saint-Jacques, sur la commune de Chagny, dispose d'un sol argilo-calcaire remarquable, clé d'un vin d'un rare équilibre, associant une minéralité très pure à une onctuosité très subtile.